L’humilité n’est plus à la mode – mais elle est toujours essentielle.

Notre époque dénigre complètement l’humilité. Pour beaucoup, l’humilité est synonyme de faiblesse, de petitesse, d’inefficacité, de lâcheté déguisée. On estime qu’elle fait partie de la féminisation de notre culture. Bien sûr, on pourrait dire cela de n’importe quelle époque de l’histoire du monde. La puissance et la force ont toujours été les véritables valeurs éthiques mises en avant dans notre société. En mettant l’accent sur celles-ci, on considère qu’une personne qui se vante fait simplement preuve d’une saine confiance en soi. Mais notre mépris de l’humilité semble de nos jours encore plus intense. Pour les chrétiens, cela signifie que nous devons y accorder une attention encore plus grande. Notre honneur, notre force, notre sagesse et notre vie avec Dieu en dépendent.

Le peuple de Dieu vit par la foi. Il n’y a pas d’autre façon de vivre.

Le peuple de Dieu vit par la foi. Il n’y a pas d’autre façon de vivre. « J’ai besoin de Jésus » est le refrain quotidien d’un cœur qui fonctionne correctement. Nous sommes des créatures dépendantes. Seule une forte illusion – et l’orgueil est en effet une forte illusion – nous empêche de voir cette réalité. Nous avons également besoin de l’aide des autres chaque jour, même si nous travaillons à la maison ou vivons seuls dans les étendues sauvages de l’Alaska. Se vanter de n’avoir besoin de personne est le propre des adolescents, qui aspirent à l’indépendance alors qu’ils n’ont pas encore compris comment la vie fonctionne vraiment.

Pourquoi l’humilité est-elle passée de mode ? Peut-être parce que nous associons l’humilité à l’humiliation plutôt qu’à la sagesse. Un mari et père de famille a entendu un jour une prédication sur le fait d’être un serviteur et a décidé qu’il ne se défendrait plus et ne revendiquerait plus aucun droit chez lui. Il a estimé que la poutre dans son œil était plus grande que celle des autres (Matthieu 7.3-5). Au bout de deux jours, son expérience était, sans surprise, un échec. Décider de ne plus prendre position face aux mauvaises choses, ce n’est pas l’humilité. L’approche de ce père de famille est passée à côté de l’aspect essentiel de l’humilité.

L’humilité est avant tout notre position devant Dieu. Commencez par là et choisissez d’y rester. Cette dépendance envers Dieu se répercute dans vos relations quotidiennes. De la même manière, votre indépendance vis-à-vis de Dieu impacte directement votre attitude au volant, ou votre façon d’écouter les autres. Nous appartenons à Dieu. Nous sommes ses créatures et même la prochaine bouffée d’air que nous prenons pour respirer dépend de lui. Lorsque notre colère exigeante et orgueilleuse contamine nos relations, Dieu nous appelle à nous humilier devant lui (Jacques 4.10). Même dans notre anxiété, à quoi sommes-nous invités ?  « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève au moment voulu » (1 Pierre 5.6-7).

L’humilité signifie que vous vivez devant Dieu, dépendant de lui, avec un cœur qui l’écoute

Considérez l’humilité sous l’angle suivant : l’humilité signifie que vous vivez devant Dieu, dépendant de lui, avec un cœur qui l’écoute. Cela dissipe bon nombre des mythes que nous pouvons avoir à propos de l’humilité. Cela devrait vous sembler libérateur. Vous n’avez plus besoin de protéger votre réputation ou de réagir à chaque offense perçue. Vous n’avez pas besoin d’avoir toujours raison. Au contraire, vous avez désormais la place dans votre cœur pour vous poser une question bien plus importante : « Comment puis-je aimer de la meilleure manière cette personne, à cet instant précis ? » Lorsque quelqu’un réagit de manière excessive dans sa colère et son irritabilité, vous avez la force de faire le premier pas afin de comprendre ce qui ne va pas. Avez-vous fait quelque chose qui lui a déplu ? Porte-t-elle du chagrin ou de la frustration provenant d’autres relations ? De telles pensées sont l’expression d’une grande force. Ce sont les relations humaines telles que nous sommes censés les vivre. Un amour que rien ne peut arrêter.

Laissez cette vision puissante s’imposer à vous. Vous n’avez pas besoin de défendre votre réputation ni d’être reconnu. La sagesse rend soudainement possible un grand champ de décisions. On peut choisir d’ignorer l’offense, comme on peut choisir de la confronter. Voyez comment l’orgueil, le contraire de l’humilité, est le moyen privilégié par les Écritures pour identifier toutes sortes de péchés. Lorsqu’on dit « je veux » et que l’on cherche toujours à être supérieur, jamais inférieur. Une fois l’orgueil identifié, l’humilité laisse la place à de nouveaux héros. Vous pouvez désormais vous ranger parmi les collecteurs d’impôts (Luc 18.9-14). Votre aspiration change et vous désirez devenir comme un enfant pour qui la dépendance et l’expression du besoin sont naturelles. Par-dessus tout, observez Jésus le Roi marcher sur la terre en tant que Dieu humble et Serviteur souffrant. La sagesse et la force transparaissent dans chacune de ses paroles, chacun de ses actes.

Le Psaume 40 nous fait entrer dans cet univers merveilleux. C’est un Psaume pour rois et reines. Il commence ainsi : « J’avais mis mon espérance en l’Éternel. » On y retrouve la sagesse du Nouveau Testament. « Vous devriez dire : Si Dieu le veut, nous vivrons et nous ferons ceci ou cela » (Jacques 4.15). C’est cela, la vie soumise à Dieu : une vie qui le cherche en premier lieu. En chemin, nous découvrons qu’il a incliné son oreille vers nous, comme un père regarde son enfant et se penche vers lui pour écouter ce qu’il a sur le cœur. Avec cela à l’esprit, un nouveau chant prend forme dans nos cœurs. Il commence ainsi : « Heureux l’homme qui place sa confiance en l’Éternel. » En poursuivant la lecture des Psaumes, vous découvrirez que le Christ lui-même est le véritable Roi, et que nous faisons écho à ce qu’il a prononcé. Parmi les paroles auxquelles nous aspirons, il y a : « Je prends plaisir à faire ta volonté, mon Dieu. » Voilà la déclaration d’un cœur rempli d’humilité.

Fort d’une confiance accrue dans la compassion attentive et l’amour indéfectible de Dieu, nous parlons ouvertement. Nous parlons des difficultés qui menacent de nous submerger aujourd’hui et de notre besoin réel de Jésus pour vivre. Le Psaume est ensuite très clair au sujet de notre ennemi le plus féroce. « Des maux sans nombre m’environnent : je subis les conséquences de mes fautes. » Tous les Psaumes ne nous conduisent pas à la fois vers nos souffrances et nos péchés. Le Psaume 40 fait partie de ces Psaumes qui sont remplis de tout ce dont nous avons besoin. L’humilité nous fait comprendre que nous avons besoin de Jésus tant pour nos souffrances que pour nos péchés.

Le Psaume nous ouvre les yeux pour voir Dieu et nous-mêmes plus clairement. Au milieu du Psaume, le psalmiste fait sa confession de foi. Voici ce qu’il sait de Dieu : « Toi, Éternel, tu ne me refuseras pas tes compassions. » Le psalmiste attend la fin du Psaume pour faire le résumé de sa vie, guidé par l’Esprit. « Moi, je suis pauvre et malheureux, mais le Seigneur pense à moi. Tu es mon aide et mon libérateur ; mon Dieu ne tarde pas ! »

Jésus commence son Sermon sur la montagne par des mots semblables : « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux » (Matthieu 5.3). Dans l’Ancien et le Nouveau Testament, ce sont des paroles qui nous conduisent vers notre véritable humanité, telle que Dieu nous a créés. Prononcez ces paroles chaque jour pendant le mois à venir et vous ferez grandir votre compréhension de la proximité de Dieu avec nous (Ésaïe 57.15). Votre lumière sera d’autant plus visible au sein de votre communauté.

La force, la sagesse, le Royaume lui-même, et même l’honneur, tout cela se trouve sur le chemin de l’humilité. Vous ne les trouverez nulle part ailleurs. Contrairement à ce que l’on pourrait craindre, d’une certaine manière, lorsque vous vous humiliez devant Dieu, vous grandissez. Vous avez davantage d’influence, et non moins. Vous pourrez vous en réjouir, et les autres le remarqueront.

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